Les signes du zodiaque et les travaux de chaque mois de l’année représentés sous les clefs de voûtes ainsi que les peintures murales sont les plus admirés. En fonction de l’intérêt et de la curiosité des groupes la visite guidée dure de 30 minutes à 1 heure.
Renseignements sur les visites :
Abbaye d’Abondance
BP 01
74360 ABONDANCE
Tel : 04 50 81 60 54
E-mail : [email protected]
Les scènes :
L’archange Gabriel, dans le cœur flamboyant d’une chapelle gothique, symbolisant l’espace sacré, est agenouillé à gauche de la Vierge.
2. La Visitation
Le cadre évoque l’Italie. La présence de Joseph sans nimbe est très surprenante. Il est sans doute là pour répondre aux accusations d’un texte païen écrivant que le père de Jésus était un soldat romain. Entre 1439 et 1441, l’anticoncile de Bâle reconnaîtra l’Immaculée Conception et la » Visitation » . Le culte de Joseph est peu marqué en Occident au Moyen-Age, cela explique qu’il ne soit pas auréolé.
3. La Nativité et l’Adoration des bergers
La scène est archaïque depuis que les révélations de Sainte Brigitte de Suède nous ont appris à voir un enfant nu, rayonnant de lumière. Les détails ethnographiques locaux – sauf le bœuf qui n’appartient pas à la race d’Abondance – sont nombreux (tabouret, cuvette…). Le paysage évoque la vallée.
Le visage de Marie est proche de celui d’une princesse de Savoie. Joseph sommeille, il n’est pas le père, son intelligence humaine ne peut lui permettre de comprendre. Une servante verse de l’eau dans une cuvette en bois, comme il en existait encore au début du XXème siècle, il faudra bien le laver.
Au sommet d’une montagne non enneigée – la naissance n’a pas eu lieu à Abondance mais en Palestine – un phylactère annonce aux bergers interloqués la nativité du Messie
L’âne est irrévérencieux, il brait et détourne la tête, il ne veut voir » la lumière « . Cette attitude est fréquente dans les » Nativités » des Etats de Savoie au XVème siècle. C’est la conséquence des écrits de Saint Jérôme qui a vu en lui le symbole de l’Ancien Testament et dans le bœuf celui du Nouveau.
4. La fuite en Egypte
Le paysage constitue l’élément essentiel de cette scène. Les personnages sacrés sont ramassés dans la partie basse. Cette peinture illustre le pouvoir du Duc qui possède alors la presque totalité de la région lémanique dont c’est sans doute la première représentation peinte. Au centre de la scène, un porteur de fromages d’Abondance ( ?) nous rappelle que ceux-ci faisaient partie d’un commerce important.
Les moulins à vent n’existaient pas à cette époque en Savoie. La ville pourrait être Lausanne alors éloignée du Léman. Joseph porte une gourde en bois et une marmite comme les montagnards lorsqu’ils gagnaient les alpages.
Marie tourne son regard angoissé vers Abondance qu’elle vient de quitter. Ses yeux sont bridés à la manière de Giotto et Duccio
5. Jésus au milieu des Docteurs
La scène illustre le récit de Saint Luc au moment des retrouvailles. La discussion est animée. Les visages des docteurs sont caricaturaux, voire grotesques – l’un deux se mouche. Jésus adolescent est assis sur un trône qui pourrait être abbatial.
6. Les noces de Cana
Dans cette scène, les éléments pittoresques Chablaisiens (charcuterie, fromage, pain…) sont essentiels. Les deux personnages trinquant, Saint Pierre pape et l’empereur de Byzance( ?) sur fond de teinture verte – la couleur symbolisant l’Eglise romaine !- illustrent peut-être la volonté du concile de Bâle de réunir les églises orthodoxes et catholiques.
Un vacherin d’Abondance – fromage inventé ( ?) par les chanoines – est tendu à travers le passe plat. Ce fromage, alors très recherché, figurait sur les tables des papes d’Avignon, des doges de Venise et de la cour de Savoie…
Sources bibliographiques :
« Abbaye Notre-dame d’abondance », plaquette éditée par l’Office de tourisme
Informations fournies par M. Jean-Marie Benand qui a réalisé avec Michel Daumas un ouvrage sur les fresques d’Abondance intitulé : « Abondance en Haute Savoie, les peintures murales » avec la participation photographique de Patrick Brault.
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L’abbaye Notre-Dame-de-l’Assomption a été fondée en 1139 à l’emplacement d’un prieuré du XIe siècle. Les travaux, commencés aux environs de 1280 sous l’abbatiat de Reymond, se poursuivent jusque vers 1350. Le cloître actuel a été construit par l’abbé Jean IV entre 1330 et 1350. Les bâtiments qui constituent cette abbaye ont été plusieurs fois reconstruits en raison des incendies qui les ont ravagés en 1440, 1633 et 1728.
L’abbaye a appartenu d’abord aux chanoines réguliers de Saint-Augustin, puis aux cisterciens réformés de la congrégation des feuillants de 1606 à 1761.
En 1789 la municipalité d’Abondance a vendu une partie des bâtiments qui ont été rachetés en 1836 par les frères Sallavuard. Dans la deuxième moitié du XIXes, la mairie a fait l’acquisition du corps sud dans le but d’installer ses locaux. En 1875, elle devient le premier édifice savoyard, classé au titre des Monuments Historiques. Pièce maîtresse du Pays d’art et d’histoire de la vallée d’Abondance, label décerné en 2003 par le Ministère de la Culture et de la Communication, l’abbaye d’Abondance possède encore son église abbatiale, son cloître et ses bâtiments conventuels.
Outre son architecture gothique de montagne, l’abbaye recèle de fabuleux trésors artistiques dont des peintures en trompe l’oeil du XIXème dans l’église abbatiale et les peintures murales du cloître.
Renseignements :
Abbaye d’Abondance
BP 01
74360 ABONDANCE
Tel : 04 50 81 60 54
E-mail : [email protected]
Avant le Xe siècle, l’histoire du Val d’Abondance reste obscure.
Au Xe siècle, le Val d’Abondance dépend de l’abbaye de Saint-Maurice-d’Augaune en Suisse qui a été fondée en 515 par Sigismond, roi des Burgondes.
De 980 à 1208: la souveraineté de la vallée relève des seigneurs de Féternes.
En 1080, Louis de Féternes concède, aux chanoines qui se sont établis à Abondance, des territoires.
En 1108, l’abbaye de Saint- Maurice d’Agaune cède l’église Sainte-Marie-d’Abondance. Cette dernière donation s’étire du Pas de Morgins au lieu-dit «Les Portes».
Début XIIIe siècle, le Val d’Abondance devient la possession des comtes de Savoie et se trouve impliqué dans la lutte qui oppose les comtes de Savoie, de Genève et les sires de Faucigny.
La Fondation
Saint Colomban, moine irlandais fondateur de l’abbaye de Luxeuil en Gaule, traverse les Alpes, vers 610?, pour se rendre en Italie. Il s’est, peut-être arrêté à Saint-Maurice-d’Agaune en Valais comme l’a souligné le révérend Passier, chanoine de Sixt, dans son ouvrage intitulé «Recueil de la vie et des gestes du vénérable Ponce, troisième supérieur de la congrégation d’Abondance», paru en 1666 à Annecy. C’est hypothèse apparaît peu vraisemblable car Abondance est trop proche de Saint-Maurice et que d’autre part, le saint a fondé un établissement au bord du lac de Constance.
Il semble plus logique de voir l’origine de la fondation de l’abbaye Notre Dame d’Abondance par l’abbaye Saint-Maurice-d’Agaune en 1043 ou 1080. En effet, cette dernière qui a été fondée en 515 par Sigismond, roi de Bourgogne, est située à 35 km d’Abondance. L’abbaye s’installe dans un premier temps dans le haut du Val d’abondance, à Abondance(?) à 500 m du chef-lieu au lieu-dit «sur les Crêts». Puis elle se déplace à La Chapelle d’abondance suite à une catastrophe naturelle survenue à Combafou et revienne, définitivement à Abondance. Cela s’est, peut-être passé au XIIe siècle comme le laisserait supposer l’existence d’un cloître roman sous le cloître actuel…
Ce sont les razzias sarrasines, puis hongroises, subies par l’abbaye Saint-Maurice-d’Agaune à la fin du Xe siècle qui ont encouragé les chanoines à s’installer dans le Val d’Abondance . La fondation du prieuré a pu se faire avec les terres données par la famille féodale de Féternes vers 1043. En 1108, le comte Amédée III de Savoie reconnaît la donation du Val d’Abondance aux Chanoines. Entre 1138 et 1144, le prieuré devient abbaye.
La période des chanoines augustins (1140 – 1607)
Depuis 1140 environ, la congrégation des chanoines applique la règle de saint Augustin, écrite par Ponce de Faucigny, fils du sire de Faucigny, frère de l’évêque de Genève.
L’abbaye d’Abondance se détache, en 1158, de l’abbaye mère Saint-Maurice. Aux XII et XIIIe siècles, l’abbaye d’Abondance reçoit une bulle papale de félicitations (1155) pour son rayonnement spirituel.
Vers 1433 commence, avec le régime de la commende, le début de la décadence. En effet, l’abbé, nommé par le duc, n’a d’autres préoccupations que de percevoir les bénéfices importants du monastère. Si bien que François de Sales, évêque du diocèse de Genève obtient le remplacement des chanoines indigne par des feuillants.
De 1607 à 1761 : La période des cisterciens feuillants
Ces derniers n’ont pas été à la hauteur des espoirs de François de Sales car ils se sont vite orientés vers le désœuvrement, les intrigues et les conflits avec les habitants… La légende relate d’un exercice du droit de cuissage par les moines! En cette période de décadence, les abus sexuels ont été nombreux… et c’est ainsi que le 9 mai 1761, l’évêque obtient, du roi Charles-Emmanuel (le duché étant devenu en 1713, un royaume) et du pape, la fermeture définitive de l’abbaye. Les biens de l’abbaye sont cédés à la Sainte-Maison, université catholique fondée par François de Sales.
Le corps de bâtiment ouest est affecté au presbytère. Le vestibule de l’abbaye, actuelle chapelle de semaine, est transformé en écurie.
En 1771, Charles-Emmanuel III prescrit le rachat des droits féodaux. Les habitants d’Abondance, La Chapelle et Châtel refusent cet édit en affirmant leur statut d’hommes libres.
Les XVIII, XIXe et XXe siècles dans le Val d’Abondance
A partir de la fin du XVIII, le Val d’Abondance a son histoire calquée sur celle de la Savoie. De 1792 à 1815, les biens des églises sont vendus au profit de l’Etat car devenus biens nationaux. Ainsi le monastère et le cloître sont achetés par Claude Berthet de Thonon.
Carte postale Abondance
De 1815 à 1860, le Val d’Abondance retrouve une certaine paix sociale et en 1860 les communes voteront en majorité le rattachement à la France.
La guerre de 1870 entre la France et la Prusse a entraîné la disparition de deux jeunes d’Abondance.
La guerre 1914-1918 empêche tout commerce avec la Suisse voisine.
Dans les années 30, les premiers concours de ski apparaissent ainsi que les premiers touristes.
Lors de la seconde guerre mondiale les troupes italiennes puis allemandes ont occupé la vallée.

Carte postale Abondance
Depuis le Val d’Abondance s’est ouvert au tourisme hivernal et estival en complémentarité avec son secteur agricole.